Author Topic: Charles Baudelaire, Les Métamorphoses du vampire (The Vampire’s Metamorphoses, translation: William Aggeler | Σαρλ Μπωντλαίρ, Οι μεταμορφώσεις της αιματορουφήχτρας, μετάφραση: Γιώργος Σημηριώτης)  (Read 2084 times)

spiros

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Posts: 450889
  • Gender: Male
  • point d’amour
    • spiros.doikas
    • greektranslator
    • doikas
    • 102094522373850556729
    • lavagraph
    • Greek translator CV

Les Métamorphoses du vampire
Charles Baudelaire


La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:

— «Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.

Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés,

Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!»

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!

Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
À mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,

Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver.


Οι μεταμορφώσεις της αιματορουφήχτρας
Σαρλ Μπωντλαίρ (μετάφραση: Γιώργος Σημηριώτης)
[έχει παραλείψει μία στροφή]

Τότε η γυναίκα με τ’ αβρά χείλη τα φραουλένια
σα φίδι από σε κάρβουνα άναφτα στριφογυρνώντας,
και μέσα στο στηθόδεσμο τα στήθια της ζουλώντας,
άφινε τέτοια να κυλούν λόγια μοσχομελένια:

-«Έχω τα χείλη εγώ υγρά, και ξέρω τρόπους, κάτι
που σβήνει θύμησες παλιές μέσ' το βαθύ κρεβάτι.
Στεγνώνω όλα τα δάκρυα στα ορθά μου στήθια πάνω,
και να γελούνε σαν παιδιά τους γέρους εγώ κάνω.

Κ’ έχω γι’ αυτόν που θα με δει ολόγυμνη, τη χάρη.
να γίνουμαι ήλιος κι ουρανός κι αστέρια και φεγγάρι!
Και τόση, αγαπητέ σοφέ, γλύκα και τέχνη βάζω,
άντρα στα βελουδένια μου μπράτσα σαν αγκαλιάζω.

ή σα μου δίνουν δαγκωνιές στα στήθη μου τα ωραία, που
ντροπαλή κι αδιάντροπη, αδύναμη ή γενναία,
πάνω σ’ αυτά τα στρώματα τα ποθοπλανταγμένα,
θα ’κανα να κολάζουνται κ’ οι Άγγελοι για μένα!»

Και το μεδούλι ως βύζαξεν όλο απ’ τα κόκκαλά μου.
και λαγγεμένος έστρεψα σ’ εκείνη τη ματιά νευρόσπαστο
που σειόταν
και λες πως αίμα μέσα του πολύ προμηθευόταν.






κάτι ξεσκλείδια σκελετού τρέμανε τιποτένια,
που τρίζανε στριγγά καθώς ανεμοδουρα, μόνα,
ήσαν ταμπέλα κρεμαστή σε βέργα σιδερένια
που την κουνούν οι αγέριδες στις νύχτες του χειμώνα.





Les Métamorphoses du vampire
Charles Baudelaire

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:

— «Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.

Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés,

Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!»

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!

Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
À mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,

Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver.


The Vampire’s Metamorphoses
Charles Baudelaire (translation: William Aggeler | More translations)

The woman meanwhile, twisting like a snake
On hot coals and kneading her breasts against the steel
Of her corset, from her mouth red as strawberries
Let flow these words impregnated with musk:

— "I, I have moist lips, and I know the art
Of losing old Conscience in the depths of a bed.
I dry all tears on my triumphant breasts
And make old men laugh with the laughter of children.

I replace, for him who sees me nude, without veils,
The moon, the sun, the stars and the heavens!
I am, my dear scholar, so learned in pleasure
That when I smother a man in my fearful arms,
 
Or when, timid and licentious, frail and robust,
I yield my bosom to biting kisses
On those two soft cushions which swoon with emotion,
The powerless angels would damn themselves for me!"

When she had sucked out all the marrow from my bones
And I languidly turned toward her
To give back an amorous kiss, I saw no more
Than a wine-skin with gluey sides, all full of pus!

Frozen with terror, I closed both my eyes,
And when I opened them to the bright light,
At my side, instead of the robust manikin
Who seemed to have laid in a store of blood,

There quivered confusedly a heap of old bones,
Which of themselves gave forth the cry of a weather-cock
Or of a sign on the end of an iron rod
That the wind swings to and fro on a winter night.



Les Métamorphoses du vampire (The Vampire's Metamorphoses) by Charles Baudelaire



Charles Pierre Baudelaire (pronounced /ˌboʊdəˈlɛər/; French: [ʃaʁl bodlɛʁ]; April 9, 1821 – August 31, 1867) was a French poet, critic, and translator. A controversial figure in his lifetime, Baudelaire’s name has become a byword for literary and artistic decadence. His works are acknowledged as classics of French literature and his innovations are much celebrated.
Charles Baudelaire - Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Pierre Baudelaire est un poète français, né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 à Paris. Il est l’un des poètes les plus célèbres du xixe siècle : en incluant la modernité comme motif poétique, il a rompu avec l’esthétique classique.
Charles Baudelaire — Wikipédia

Ο Σαρλ Πιερ Μποντλέρ ή Σαρλ Μποντλαίρ (Charles Pierre Baudelaire), Παρίσι, 9 Απριλίου 1821 - 31 Αυγούστου 1867) ήταν ένας από τους σημαντικότερους Ποιητές της γαλλικής αλλά και της παγκόσμιας λογοτεχνίας.
Σαρλ Μπωντλαίρ - Βικιπαίδεια
« Last Edit: 05 Oct, 2015, 10:54:50 by spiros »